samedi 6 septembre 2025

Neuroatypie, haut potentiel… et ce petit bonheur de ne pas entrer dans les cases

Je viens d’écouter une vidéo consacrée à la neuroatypie et au haut potentiel, avec Béatrice Millêtre. Sujet délicat, parce qu’il attire à la fois les simplifications paresseuses et les grandes déclarations un peu mystiques. D’un côté, on vous explique que tout le monde est zèbre dès qu’il oublie ses clés. De l’autre, on transforme la moindre singularité cognitive en destin cosmique. La réalité, comme souvent, est un peu moins théâtrale.

L’intérêt de cette approche est justement de remettre un peu d’ordre dans un paysage devenu très confus : HPI, autisme, TDAH, dyslexie, double exceptionnalité… tout cela peut se croiser, se masquer, se compenser, ou se compliquer mutuellement. Autrement dit, un cerveau atypique n’est pas forcément un cerveau « supérieur », ni un cerveau « défaillant » : c’est d’abord un cerveau qui ne fonctionne pas tout à fait selon les standards statistiques du voisinage.

Ce que je trouve salutaire dans ce type de contenu, c’est qu’il évite, ou devrait éviter, deux erreurs symétriques : pathologiser toute différence, ou sacraliser toute différence. On peut avoir un fonctionnement très particulier sans être un prophète, un génie maudit, ni un grille-pain en panne. On peut aussi souffrir de ses décalages sans que cela retire quoi que ce soit à ses ressources.

Au fond, la question importante n’est peut-être pas : « Suis-je extraordinaire ? » mais plutôt : « Comment fonctionne exactement mon esprit, et comment puis-je mieux vivre avec lui ? » C’est moins flatteur pour l’ego, sans doute, mais nettement plus utile pour la suite.

Bref, la neuroatypie n’est ni un label de prestige ni un défaut de fabrication. C’est une autre architecture. Et comme pour toute architecture un peu originale, mieux vaut disposer du plan avant d’entreprendre les travaux.


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Haut potentiel : ces petites habitudes qui ne demandent qu’à compliquer les choses

Je viens de tomber sur une vidéo consacrée à douze habitudes “surprenantes” des personnes à haut potentiel. Sujet glissant, évidemment. Car, dès qu’on parle de HPI, deux réflexes surgissent : soit l’on distribue des couronnes, soit l’on collectionne des bizarreries comme si l’on préparait une exposition de curiosités cognitives.

L’intérêt de ce type d’approche, quand elle reste prudente, est ailleurs : elle rappelle que le haut potentiel ne se réduit pas à un score ou à une belle étiquette. C’est aussi, parfois, une manière particulière d’habiter le quotidien, avec ses manies, ses intensités, ses décalages, ses emballements et ses épuisements. Le commentaire accompagnant la vidéo insiste d’ailleurs sur ce point : avoir certaines de ces habitudes ne signifie pas qu’on est HPI, et inversement, une personne HPI ne les présentera pas forcément toutes.

Autrement dit, on est loin du test infaillible du genre : “Vous relisez trois fois vos messages et vous pensez à dix choses en même temps ? Félicitations, vous êtes un esprit hors norme.” Ce serait un peu court. Et surtout très rentable pour les marchands de miroirs psychologiques.

Ce que je trouve intéressant, en revanche, c’est l’idée que certaines singularités intellectuelles se voient moins dans les grands discours que dans les micro-habitudes : la façon de réfléchir, de douter, d’anticiper, de ruminer, de passer d’une idée à l’autre, ou de compliquer spontanément ce que d’autres résument en deux phrases et un haussement d’épaules.

Bref, le haut potentiel n’est pas nécessairement spectaculaire. Il est souvent discret, parfois encombrant, et assez souvent fatiguant. Ce n’est pas un costume de gala. C’est plutôt une mécanique fine… livrée, hélas, sans bouton “pause”.


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