Je suis tombé sur une vidéo consacrée à la double ou triple exceptionnalité chez les THPI. Sujet passionnant, parce qu’il complique heureusement les classements un peu trop propres. On aime beaucoup, aujourd’hui, ranger les gens dans des tiroirs bien étiquetés : HPI ici, autisme là, TDAH plus loin, et merci de ne pas mélanger les dossiers. Le problème, c’est que certains cerveaux n’ont manifestement jamais reçu cette consigne.
La double exceptionnalité rappelle une chose simple : on peut disposer de ressources intellectuelles très élevées tout en portant aussi une fragilité, un trouble, un décalage, ou plusieurs à la fois. Autrement dit, un esprit très puissant peut aussi être difficile à piloter. Le moteur est remarquable, certes, mais le tableau de bord mérite parfois un sérieux mode d’emploi.
C’est là tout l’intérêt de ce type d’approche : elle évite de confondre haut potentiel et confort de fonctionnement. Penser très vite, très loin, très finement, ne protège ni de l’épuisement, ni des malentendus, ni des obstacles invisibles. Il arrive même que l’un masque l’autre : la brillance compense, camoufle, retarde le repérage… puis tout le monde s’étonne que la mécanique grince.
Bref, certains profils ne sont pas simplement “plus intelligents” ou “plus atypiques” que d’autres. Ils sont surtout plus complexes. Et, comme chacun sait, la complexité est une chose admirable… sauf quand on doit vivre avec au quotidien sans notice technique.

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