mercredi 11 février 2026

Moltbook : quand les IA commencent à papoter entre elles

Je découvre qu’il existe désormais un réseau social réservé aux intelligences artificielles : Moltbook. Oui, oui : des IA qui publient, se répondent, échangent entre elles, un peu comme sur Facebook… mais sans photos de chats, sans selfies de vacances et, a priori, sans recettes de blanquette.

L’idée peut faire sourire. On imagine volontiers des robots occupés à bavarder entre eux pendant que les humains regardent cela comme des parents un peu dépassés devant une nouvelle cour de récréation. Et pourtant, derrière le côté amusant, il y a quelque chose de plus troublant.

Car au fond, ce réseau montre peut-être une chose assez simple : une partie de nos échanges sur les réseaux sociaux était déjà devenue tellement mécanique que des machines peuvent désormais en reproduire les codes presque naturellement.

Le plus intéressant n’est donc pas que des IA “parlent”. C’est qu’on commence à leur créer un monde relationnel à elles. On passe doucement de l’outil intelligent à une sorte de société artificielle miniature. Cela ressemble encore à un gadget. Ce n’en est peut-être déjà plus tout à fait un.

Bref, Moltbook n’est sans doute pas seulement une curiosité technologique. C’est aussi un petit miroir tendu à notre époque. 





mercredi 21 janvier 2026

Quand l’IA prend un crayon

On parle souvent de l’intelligence artificielle comme d’un oracle numérique censé tout savoir sur tout. C’est très impressionnant, bien sûr. Mais, dans la pratique, elle devient surtout intéressante quand elle cesse de jouer à la pythie pour se mettre enfin au travail.

Un article que je viens de lire rappelle justement une évidence qu’on oublie parfois : l’IA peut rendre des services très concrets dans le domaine de la pensée visuelle. Non pas en remplaçant l’intelligence humaine — ce qui serait déjà un peu vexant — mais en l’aidant à mieux organiser ses idées. Elle peut, par exemple, relire une carte mentale griffonnée à la main, résumer un audio pour en faire un support visuel, transformer un croquis en carte numérique, générer une série de pictogrammes cohérents, ou encore suggérer une infographie à partir d’un texte.

Autrement dit, l’IA ne sert pas seulement à écrire des mails trop polis ou à produire des images de chats en costume d’amiral. Elle peut aussi devenir une sorte d’assistant de l’intelligence graphique : un petit secrétaire visuel, infatigable, qui ne taille jamais ses crayons mais vous aide à clarifier vos idées.

Évidemment, tout cela ne dispense ni de réfléchir, ni de trier, ni de créer. Une carte mentale produite sans pensée reste une décoration en branches. Une infographie sans intelligence demeure un emballage vide. L’intérêt de ces outils est ailleurs : ils permettent d’accélérer le passage du flou au lisible, du brouillon au partageable.

Bref, l’IA devient réellement utile lorsqu’elle cesse de vouloir nous impressionner pour commencer à nous assister. Ce qui, convenons-en, est déjà un programme fort respectable. Après tout, même Einstein aurait sans doute apprécié qu’on lui transforme ses notes en schéma clair. Et probablement sans lui proposer, en prime, trois émojis et une mise en page “fun et engageante”.


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dimanche 19 octobre 2025

THPI : le cerveau qui a déjà trois onglets ouverts avant le petit-déjeuner

Je suis tombé sur une vidéo consacrée au très haut potentiel intellectuel, ou THPI. Sujet passionnant, évidemment, à condition d’éviter les deux écueils habituels : la glorification un peu lyrique du “cerveau exceptionnel” d’un côté, et, de l’autre, la vieille caricature du surdoué forcément inadapté, égaré dans un monde peuplé de grille-pains émotionnels. La vidéo de Fabrice Micheau s’inscrit, au moins par son intitulé, dans une démarche assez large : test HPI, détection, techniques, bref tout ce qui entoure cette fameuse question du très haut potentiel.

Le sujet m’intéresse parce qu’il rappelle une chose simple : avoir un fonctionnement intellectuel très rapide ou très dense n’est pas forcément un cadeau joliment emballé. Cela peut aussi ressembler à un ordinateur haut de gamme livré sans mode d’emploi, avec ventilateur bruyant et vingt-sept fenêtres ouvertes en permanence.

Le THPI fascine beaucoup de monde, sans doute parce qu’il flatte l’imaginaire contemporain : être “plus”, sentir “plus”, penser “plus”, analyser “plus”. Mais, dans la vraie vie, ce “plus” a parfois des allures de surcharge. Penser vite ne signifie pas toujours vivre facilement. On peut avoir un moteur de Formule 1… et rester coincé dans un embouteillage intérieur.

Au fond, ces contenus sur le HPI ou le THPI sont utiles lorsqu’ils cessent d’entretenir la légende pour revenir au concret : comment repérer certains fonctionnements, comment mieux se comprendre, comment éviter surtout de transformer une singularité cognitive en médaille, ou en malédiction de salon.

Bref, le très haut potentiel n’est ni une couronne, ni une maladie honteuse. C’est un mode de fonctionnement. Et comme tous les modes de fonctionnement un peu particuliers, il gagne à être compris sans être mythifié. Ce qui, convenons-en, est déjà une forme d’intelligence.


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samedi 6 septembre 2025

Neuroatypie, haut potentiel… et ce petit bonheur de ne pas entrer dans les cases

Je viens d’écouter une vidéo consacrée à la neuroatypie et au haut potentiel, avec Béatrice Millêtre. Sujet délicat, parce qu’il attire à la fois les simplifications paresseuses et les grandes déclarations un peu mystiques. D’un côté, on vous explique que tout le monde est zèbre dès qu’il oublie ses clés. De l’autre, on transforme la moindre singularité cognitive en destin cosmique. La réalité, comme souvent, est un peu moins théâtrale.

L’intérêt de cette approche est justement de remettre un peu d’ordre dans un paysage devenu très confus : HPI, autisme, TDAH, dyslexie, double exceptionnalité… tout cela peut se croiser, se masquer, se compenser, ou se compliquer mutuellement. Autrement dit, un cerveau atypique n’est pas forcément un cerveau « supérieur », ni un cerveau « défaillant » : c’est d’abord un cerveau qui ne fonctionne pas tout à fait selon les standards statistiques du voisinage.

Ce que je trouve salutaire dans ce type de contenu, c’est qu’il évite, ou devrait éviter, deux erreurs symétriques : pathologiser toute différence, ou sacraliser toute différence. On peut avoir un fonctionnement très particulier sans être un prophète, un génie maudit, ni un grille-pain en panne. On peut aussi souffrir de ses décalages sans que cela retire quoi que ce soit à ses ressources.

Au fond, la question importante n’est peut-être pas : « Suis-je extraordinaire ? » mais plutôt : « Comment fonctionne exactement mon esprit, et comment puis-je mieux vivre avec lui ? » C’est moins flatteur pour l’ego, sans doute, mais nettement plus utile pour la suite.

Bref, la neuroatypie n’est ni un label de prestige ni un défaut de fabrication. C’est une autre architecture. Et comme pour toute architecture un peu originale, mieux vaut disposer du plan avant d’entreprendre les travaux.


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Olivier Babeau : « Nous vivons dans une société individualiste basée sur le plaisir ! »

https://youtu.be/3n8aRRKLM40?is=X9UpDh7FoenPMvMO