Je viens de regarder une vidéo qui met en regard haut potentiel intellectuel et syndrome d’Asperger. Sujet délicat, presque piégé. Car il suffit de poser la question pour que surgisse immédiatement une attente : celle d’une réponse claire, tranchée, rassurante.
Et c’est précisément ce que l’on n’obtient pas.
Car oui, les ressemblances existent : intensité cognitive, sensibilité accrue, pensée arborescente, décalage dans les interactions sociales. À distance, tout cela peut donner l’impression d’un même territoire mental. Mais à y regarder de plus près, les mécanismes sous-jacents divergent sensiblement — ce que soulignent de nombreux contenus spécialisés sur le sujet.
Autrement dit, deux cerveaux peuvent produire des comportements similaires… pour des raisons très différentes.
Et c’est là que la tentation classificatoire commence à vaciller. Nous aimons les catégories : elles structurent le réel, elles simplifient, elles permettent de conclure. Mais certains esprits semblent conçus pour résister précisément à cette simplification. Ils chevauchent les frontières, cumulent les traits, brouillent les repères.
Bref, vouloir absolument trancher entre HPI et Asperger revient parfois à vouloir décider si un éclair est “vent” ou “lumière”.
Ce qui, reconnaissons-le, est un peu moins confortable… mais infiniment plus pertinent.
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