lundi 2 septembre 2024

Doom sans moteur : quand le jeu devient un rêve calculé

Je viens de lire qu’une IA est désormais capable de faire tourner Doom… sans moteur de jeu. Non pas en optimisant le code, ni en accélérant le rendu, mais en supprimant purement et simplement le principe même du moteur. À la place : un réseau neuronal qui “imagine” chaque image du jeu, en temps réel, en fonction de ce que fait le joueur.

Autrement dit, nous ne sommes plus dans un univers calculé, mais dans un univers prédit.

Le plus fascinant, ici, n’est pas la performance technique — pourtant déjà remarquable, avec des images générées à la volée comme si le jeu existait réellement.
Non. Le plus fascinant, c’est le glissement conceptuel : le jeu vidéo cesse d’être un système de règles exécutées… pour devenir une hallucination cohérente entretenue par une machine.

Jusqu’ici, un moteur de jeu fonctionnait comme une mécanique horlogère : chaque action déclenche un calcul, chaque calcul produit un état. Avec GameNGen, le système ne “calcule” plus vraiment le monde : il devine ce qui devrait apparaître ensuite.

On pourrait dire, avec une légère provocation, que Doom ne tourne plus… il rêve.

Bien sûr, tout cela reste imparfait : mémoire limitée, artefacts visuels, cohérence parfois fragile. L’IA se souvient à peine de quelques secondes de passé avant de broder la suite.
Mais ces imperfections sont presque philosophiques. Elles rappellent étrangement les nôtres : nous aussi, après tout, reconstruisons en permanence le monde à partir d’un flux partiel d’informations.

Au fond, cette technologie pose une question délicieusement vertigineuse :
et si, demain, nos univers numériques n’étaient plus construits… mais rêvés en continu par des machines ?

Dans ce cas, jouer ne consistera plus à explorer un monde programmé.
Mais à se promener dans une probabilité.




HPI et Asperger : quand le cerveau refuse les étiquettes trop propres

Je viens de regarder une vidéo qui met en regard haut potentiel intellectuel et syndrome d’Asperger. Sujet délicat, presque piégé. Car il suffit de poser la question pour que surgisse immédiatement une attente : celle d’une réponse claire, tranchée, rassurante.

Et c’est précisément ce que l’on n’obtient pas.

Car oui, les ressemblances existent : intensité cognitive, sensibilité accrue, pensée arborescente, décalage dans les interactions sociales. À distance, tout cela peut donner l’impression d’un même territoire mental. Mais à y regarder de plus près, les mécanismes sous-jacents divergent sensiblement — ce que soulignent de nombreux contenus spécialisés sur le sujet.

Autrement dit, deux cerveaux peuvent produire des comportements similaires… pour des raisons très différentes.

Et c’est là que la tentation classificatoire commence à vaciller. Nous aimons les catégories : elles structurent le réel, elles simplifient, elles permettent de conclure. Mais certains esprits semblent conçus pour résister précisément à cette simplification. Ils chevauchent les frontières, cumulent les traits, brouillent les repères.

Bref, vouloir absolument trancher entre HPI et Asperger revient parfois à vouloir décider si un éclair est “vent” ou “lumière”.

La vraie question n’est donc pas tant :
“Dans quelle case suis-je ?”
mais plutôt :
“Quelle est la logique intime de mon fonctionnement ?”

Ce qui, reconnaissons-le, est un peu moins confortable… mais infiniment plus pertinent.

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Moltbook : quand les IA commencent à papoter entre elles

Je découvre qu’il existe désormais un réseau social réservé aux intelligences artificielles :  Moltbook . Oui, oui : des IA qui publient, se...